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LA CUEILLETTE DES REPONCHONS (RESPOUNCHOUS) : UNE TRADITION ANCIENNE QUI PERDURE DANS LE TEMPS

Reponchons  est le nom occitan pour cette plante populaire du sud-ouest de la France et de l’Europe méditerranéenne, bien que l’orthographe et la prononciation de « respounchous » soit la plus couramment utilisée.

Cette herbe, aussi appelée Tamier commun, pousse durant ce que l’on appelle « la soudure ». Elle se développe lorsque les provisions d’hiver sont épuisées, et que les jardins n’ont pas encore. Certaines communes, comme le village médiéval de Cordes sur Ciel dans le Tarn, fêtent encore l’arrivée des respounchous.




Cette plante assume de nombreux noms, dont « l’herbe aux femmes battues » car on utilisait ses racines pour soigner des contusions et hématomes que l’on aurait préféré cacher. On la nomme aussi Sceau de Notre Dame, Vigne noire ou encore Racine vierge. Il s’agit d’une plante vivace, spontanée en France et en Europe méridionale, à tige grêle, volubile, grimpante, de la famille des Dioscoréacées, pouvant atteindre jusqu’à 2 à 3 mètres de haut.


On a retrouvé des écrits datant du 1er siècle de notre ère de Pedanius Dioscoride : médecin, pharmacologue, botaniste, auteur d’une Histoire naturelle (Naturalis Historia), et de Pline l’ancien, écrivain et naturaliste, qui mentionnent le tamier et même une recette l’alliant à des herbes des champs, de la moutarde blanche, des concombres et des pousses de chou, le tout plié et passé à l’étamine pour faire une patina à tartiner sur de la chair de poulet ou de poisson (Jacques André, L’alimentation et la cuisine à Rome, Les Belles Lettres, Paris, 1981).


En France, nous avons peu d’anciens témoignages mais on peut citer Jacques-Christophe Valmont de Bomare (naturaliste, 1731-1807), qui décrit la plante en 1764, déjà connue sous le nom d’« herbe aux femmes battues », et plus récemment l’écrivain amoureux des plantes Pierre Lieutaghi (1939-2023) témoigne de la consommation de la plante dans le Sud-Ouest en 1992 dans son ouvrage de 1992  Jardins des savoirs, jardins d’histoire.





C’est typiquement un produit de cueillette, on ne le trouve pas en épiceries ou grandes surfaces, bien que l’on puisse parfois en découvrir sur certains marchés.


Seules les jeunes pousses d’une quinzaine de centimètres, plus tendres, sont généralement consommées. Attention ! Les baies rouges que produit le tamier sont toxiques, il est donc absolument contre-indiqué de cueillir et consommer la plante à partir de sa floraison.


Il est conseillé de faire blanchir les respounchous dans une eau salée légèrement vinaigrée pour alléger son amertume, certains préconisent d’y ajouter un morceau de pain, pour capter une partie de son âpreté.

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